1898 : La Révolution culturelle !

Ecrit par un ploujeannais :

« Le renouveau du théâtre populaire breton » sous-titré

« Emile Cloarec – Un républicain régionaliste à la Belle Epoque »

par Patrick GOURLAY, professeur d’histoire,

historien et consultant de notre association.

En 1898, au lendemain de la fondation à Morlaix de l’Union Régionaliste Bretonne, se joue à Ploujean le Mystère de Saint Gwenolé. Cette représentation est un succès public dont l’écho médiatique atteint jusqu’à la presse internationale. Sous l’impulsion du maire, Emile Cloarec, les plus grandes personnalités de la culture bretonne apportent, avec passion, leur concours à cette aventure littéraire et intellectuelle … (début de la quatrième de couverture)

Précédemment Patrick GOURLAY nous avait présenté le contexte tendu entre cléricaux et républicains ayant abouti à l’édification de nos deux monuments aux morts. Dans son livre il revient sur ce conflit, provoqué par la Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 et ses conséquences locales …

Les personnes qui ont assisté à nos soirées avaient déjà connaissance par Martial de la troupe de Parkic (Thomas Parc pour l’état-civil).

Ce qu’en disait Charles Le Goffic (1863-1932)

L’été de 1898 fut une date pour la Bretagne. On y représenta, sur un théâtre construit par Ludovic Durand et dans des décors signés Maxime Maufra, un vieux mystère intitulé : la Vie de saint Gwénolé. Et ce mystère fut joué en plein air, sur la place de Ploujean, par une troupe composée tout entière d’artisans et de laboureurs; le chef de cette troupe, Thomas Parc, dit Parkic, cumule lui-même, dans le privé, les fonctions de cultivateur, de fournier, d’aubergiste et de barbier.

A cette Belle Epoque, Emile Cloarec cumulait les mandats de maire, député et conseiller général. Ce « personnage atypique » allait contribuer à la renommée de la commune. La troupe de théâtre « Paotred Plouiann », bénéficiant de son appui moral et financier, donnera de lointaines représentations après le succès local d’août 1898. Succès dû aux qualités de la troupe mais aussi aux relations de Emile Cloarec qui sont entre autres Charles Le Goffic, Théodore Botrel, Anatole Le Braz, le peintre Maufra, le costumier Ary Renan (fils de Ernest), etc … Avec les éloges de la presse parisienne et internationale Ploujean occupe alors la seconde place des cinq troupes bénéficiant d’une subvention nationale.

Comme l’écrit Gaston Pâris :  « Ainsi on viendrait un jour en pèlerinage à Ploujean pour y saluer le modeste berceau de ce grand théâtre populaire … »

Après une représentation à Pleyber-Christ :

Kervoura, le félon qui voulait être Roi d’Angleterre ! Magnifiquement interprété par Alain GUIVARCH, ce paysan voisin de Parkic, vivant seul avec ses parents dans une misérable ferme qui sera bientôt effacée du paysage. Le théâtre a été pour lui une révélation et, lorsqu’il se marie « à trente huit ans et deux mois » juste après le décès de sa mère, son témoin est un important personnage du bourg : « LAVIEC Jean Marie, commerçant âgé de quarante quatre ans » …

Alain Guivarch
photo en pages centrales du livre de Patrick Gourlay
Version bilingue français-breton de 1863 (500 pages)

le mystère de St Gwénolé

Joué à Ploujean le 14 août 1898Version bilingue à télécharger

Anatole LE BRAZ, ami de Emile CLOAREC et admirateur de la troupe ploujeannaise de théâtre, se rend au pardon de St Jean-du-Doigt en 1898. Il consacre à ce pèlerinage un important chapitre de son livre Au Pays des Pardons.

Anatole LE BRAZ
Au pays des pardons